Il y a peu encore, les médecins légistes ne donnaient plus cher de la peau de l'autopsie; du moins de l'autopsie médico-scientifique, celle qui cherche éclairer sur les causes de la mort d'un malade.
Le maniement du scalpel pour découvrir causes véritables du décès? La confirmation ou pas post mortem d'un diagnostic hasardeux? L'enseignement donné de futurs médecins quant la réalité anatomique des chairs, tissus et organes? Pourquoi encore ouvrir les cadavres d'anciens malades quand il était possible de tout voir l'intérieur de ceux qui étaient encore en vie?
Les anatomopathologistes qui la pratiquent encore servent ici la noblesse de la science et de la médecine médicale, la différence de leurs confrères légistes qui n'agissent que sur ordre de la justice dans le cadre d'affaires criminelles ou pouvant l'être. Mais ils se voyaient poussés vers les oubliettes, balayés par la modernité de la nouvelle imagerie corporelle post-radiographique: scanographies, ultrasonographie, résonance magnétique nucléaire...
Alors que, magnifiée par le cinéma et la télévision, la médico-légale ne cessait de gagner en prestige son homologue scientifique semblait comme condamnée.
Une pratique entrée en désuétude
C'est du moins ce que l'on entendait régulièrement, depuis un quart de siècle, dans les vapeurs formolées des amphithéâtres et des salles de dissection désertés.
Ils avaient tort, comme le montrent plusieurs études récentes qui témoignent d'une heureuse inversion des tendances.
«L'autopsie destinée établir un diagnostic est une tâche pénible et peu valorisante dont les anatomopathologistes se passeraient bien, le développement de leurs activités diagnostiques sur le vivant occupant tout leur temps, résumait au milieu des années 1990 dans les colonnes du Monde le Pr Claude Got, alors anatomopathologiste l'hôpital Ambroise Paré (Boulogne). Cependant, quand un médecin n'a pu sauver la vie d'un malade, (...)